Baisse des condominiums à Toronto, acheteurs en difficulté

Des Canadiens qui avaient parié sur l’achat d’un logement avant sa construction pour entrer plus tôt sur un marché coûteux découvrent aujourd’hui les conséquences d’une baisse des valeurs. Dans la région de Toronto, le recul des prix des condominiums place plusieurs acquéreurs face à des écarts financiers importants. Lorsque la valeur estimée d’un bien devient inférieure au prix convenu des années auparavant, les banques refusent de financer la totalité de la transaction.

  • Marché en hausse en 2020
  • Pic des prix atteint en 2022
  • Recul marqué observé en 2025
  • 28 000 unités attendues en 2026

Vitor Almeida et le condominium de Vaughan en Ontario

En 2020, Vitor Almeida a accepté d’acheter un condominium en préconstruction à Vaughan, en Ontario, pour 675 000 dollars. Charpentier et ancien agent immobilier, il a versé environ 20 % d’acompte. Le financement n’est toutefois confirmé qu’à l’approche de l’achèvement du logement et de la clôture de la transaction.

Cinq ans plus tard, une évaluation situe la valeur du bien à 590 000 dollars. L’écart est net. La banque refuse de prêter le montant initialement prévu. Il ne peut donc pas finaliser l’achat.

Il déclare mot pour mot

"The market was so good back in 2020, we would have never thought. If I did know that this could have happened, I wouldn't have bought the condo," said Almeida.

S’il ne comble pas la différence entre la valeur estimée et le prix convenu, le promoteur peut conserver son dépôt. Il peut aussi réclamer des frais supplémentaires.

Ron Butler et les 28 000 unités prévues à Toronto en 2026

Dans la grande région de Toronto, le prix moyen des condominiums a reculé de plus de 5 % à la fin de 2025 par rapport à l’année précédente. Depuis le sommet de 2022, les prix des appartements ont chuté d’environ 25 %.

Le courtier hypothécaire Ron Butler estime que les acheteurs ont peu d’options. Il affirme mot pour mot

"There's no question that the developer will chase you through the courts and they will win because you signed a valid contract," he said.

Selon lui, 2026 pourrait être l’année la plus problématique. Environ 28 000 unités doivent être achevées à Toronto. L’écart entre les prix d’achat initiaux et les valeurs actuelles continue de s’élargir.

Gathya Manoharan et les frais d’assignation des promoteurs

Face aux difficultés, certains tentent une cession de contrat, appelée assignment. Des groupes apparaissent sur les réseaux sociaux pour trouver un repreneur. Cette solution reste complexe.

L’avocate spécialisée en immobilier Gathya Manoharan précise que l’accord du promoteur est nécessaire. Elle indique qu’un seul client, parmi ceux qu’elle a conseillés, a réussi à céder son achat en préconstruction. Les promoteurs peuvent exiger des frais. Ceux-ci varient de quelques centaines de dollars à plusieurs dizaines de milliers.

"You're in this scenario because you can't afford this property and now you have an additional cost as a result of this assignment fee," she said.

"I don't think I have a single client who has a newly built property that's retained its value."

Selon elle, lorsque le marché était plus dynamique, certains acheteurs constataient des hausses rapides. Elle précise

"People [were] like, listen, they're buying these pre-construction homes even before closing and they went up by $200,000, they made all this money, et cetera. So everyone was trying to jump onto that gravy train," said Manoharan.

Diana Mok de l’Université de Guelph et le risque financier

Diana Mok, professeure agrégée au département de marketing et d’études de la consommation à l’Université de Guelph, estime qu’aucune politique unique ne peut résoudre la situation. Elle établit un parallèle avec le marché boursier.

"Some stocks are really high risk … and naturally attract some speculators rather than long-term investors and then all of a sudden these stocks go south, and do you think anyone should do something to regulate, have some policies or even compensate these speculators?" she said.

Elle souligne que les acheteurs doivent comprendre le risque d’un prix fixé plusieurs années avant la livraison. Elle affirme enfin

"Do not enter into the herd mentality as in 2022, [when] everyone was trying to rush into this investment market in pre-sales, pre-condos, pre construction sales."

Les contrats signés en période de hausse restent juridiquement valables même lorsque le marché recule fortement.

FAQ

Pourquoi certains acheteurs ne peuvent-ils pas obtenir leur prêt hypothécaire ?

Parce que la valeur estimée du condominium est devenue inférieure au prix convenu lors de la signature du contrat, ce qui empêche la banque de financer la totalité du montant initial.

Quel prix Vitor Almeida avait-il accepté de payer en 2020 ?

Il avait accepté d’acheter un condominium en préconstruction à Vaughan, en Ontario, pour 675 000 dollars et a versé environ 20 % d’acompte.

De combien les prix des appartements à Toronto ont-ils baissé depuis le sommet de 2022 ?

Depuis le pic de 2022, les prix des appartements à Toronto ont chuté d’environ 25 %.

Que risque un acheteur s’il ne comble pas la différence entre la valeur estimée et le prix convenu ?

Le promoteur peut conserver le dépôt versé, exiger des frais supplémentaires et engager des poursuites judiciaires pour récupérer les pertes.

Combien d’unités devraient être achevées à Toronto en 2026 ?

Environ 28 000 unités doivent être complétées en 2026, ce qui pourrait accentuer l’écart entre les prix d’achat initiaux et les valeurs actuelles du marché.

La cession de contrat est-elle une solution simple ?

Non. Elle nécessite l’autorisation du promoteur, peut entraîner des frais allant de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers de dollars et reste rarement couronnée de succès.

Quelle est la position de Diana Mok sur une solution réglementaire ?

Elle estime qu’aucune politique unique ne peut résoudre la situation et souligne que les acheteurs doivent comprendre le risque d’un prix fixé plusieurs années avant la livraison.

Source: CBC