Des patients contraints de vendre leurs maisons

Les frais liés au logement temporaire pour les patients en attente de greffe deviennent insoutenables pour certaines familles au Canada. Face à une crise du logement nationale, des organismes de bienfaisance appellent à une réforme urgente des aides provinciales.

  • Des patients de la Nouvelle-Écosse vendent leurs biens pour financer leur hébergement.
  • La province accorde une aide de 3 000 dollars par mois, insuffisante face aux coûts réels.
  • Des fondations à Edmonton et Toronto tentent de combler les lacunes.
  • Certaines provinces, comme l’Alberta, n’offrent aucun soutien financier pour ce type de déplacement.

Table des matières:

Silvio Dobri et la fondation à Edmonton

Silvio Dobri, greffé du cœur il y a près de 30 ans, a fondé la Fondation Cœurs Généreux à Edmonton. L’organisme met à disposition huit appartements à loyer modéré, situés près de l’Hôpital de l’Université de l’Alberta. Chaque logement coûte 40 dollars par jour, sans dépôt ni préavis de départ. Dobri explique que son engagement est né de son propre parcours : un cœur de donneur lui a été attribué seulement un jour après son inscription sur la liste de greffe.

Pendant sa convalescence, il a rencontré d’autres patients confrontés à une charge financière supplémentaire : celle du logement temporaire à proximité de l’hôpital. Cette situation reste inchangée aujourd’hui.

Jackie Foord et la crise du logement

Jackie Foord, directrice générale actuelle de la Fondation Cœurs Généreux, souligne que la crise du logement aggrave les difficultés des patients. Selon elle, « voyager au Canada pour des soins de santé spécialisés est un vrai problème pour tant de personnes. C’est un fardeau énorme. »

À travers le pays, il est souvent nécessaire de s’installer temporairement près d’un centre hospitalier spécialisé pour recevoir une greffe. Cette exigence peut durer plusieurs mois et affecte lourdement le budget des familles concernées. Foord affirme que l’absence d’un soutien cohérent entre les provinces est une injustice manifeste.

Verbena Brenton-Goguen et les familles

Des patients de la Nouvelle-Écosse ont lancé une campagne pour demander davantage de soutien financier. Actuellement, la province alloue 3 000 dollars par mois aux patients nécessitant un logement à Toronto. Cependant, ces montants sont loin de couvrir les frais réels.

Verbena Brenton-Goguen a dû vendre sa maison familiale à Springhill après que son défunt mari a reçu une greffe. Nan et Dave Clarke ont trouvé un appartement meublé à Toronto à 5 900 dollars par mois, soit presque le double de l’aide provinciale. Des chiffres similaires sont observés ailleurs, et les familles doivent souvent puiser dans leurs économies ou hypothéquer leur avenir.

Sass Khazzam et l’aide à Toronto

Sass Khazzam dirige l’organisme StayWell Toronto, qui négocie avec des hôtels et des gestionnaires d’immeubles pour proposer des logements abordables près des hôpitaux. Il affirme que « 3 000 dollars par mois ne suffisent pas pour un appartement meublé d’une chambre, même avec nos tarifs négociés. »

En période de forte affluence touristique, les prix explosent. « Quand nous avons eu, par exemple, Taylor Swift ici, les tarifs d’hébergement ont grimpé à 2 000 dollars la nuit. L’été prochain, la Coupe du monde de football [FIFA] causera le même problème. » Khazzam indique que plus de 10 % des familles aidées cette année venaient du Canada atlantique. Toutefois, l’association n’a plus de disponibilités mensuelles avant le mois d’août, ce qui force parfois à refuser de l’aide.

Il conclut : « Je comprends que les gouvernements ne peuvent pas tout faire, mais il y a toujours place à amélioration. Les gens ont besoin d’aide. Nous faisons de notre mieux. »

Des réponses provinciales inégales

Chaque province applique ses propres règles concernant le soutien au logement pour les patients transplantés. L’Alberta, par exemple, ne prévoit aucune aide financière. En revanche, le Nouveau-Brunswick a récemment porté son allocation mensuelle à 4 000 dollars.

Michelle Thompson, ministre de la Santé de la Nouvelle-Écosse, a déclaré en juin que son ministère recevait de nombreuses demandes d’aide et que les ressources restaient limitées. Jackie Foord réagit en disant : « Il serait temps que les gouvernements abordent la question de l’accès pour les communautés rurales et éloignées, car tout le monde mérite des soins de santé. Ne pas y avoir accès est si dévastateur pour tant de gens. »

Source: CBC